14 Jours de Méditations

✣ Jours 1 - Le Détachement

Tant que je reste attaché au voile de l’illusion ou « maya », ma conscience se perd et je crée par le mental à l’infini des mondes qui n’existent pas, mais auxquels je finis par croire. En m’attachant à ces mondes illusoires, j’oublie le caractère impermanent de tout ce qui constitue cet univers. Alors, dans ma folie, j’essaye de tout figer. Ce qui est non seulement impossible, mais dangereux émotionnellement. Comprendre que cet attachement aux choses, aux gens et aux situations amène tôt ou tard des flots de souffrances, est un des piliers de l’éveil de conscience. Et comprendre que de ne pas être attachés me permet d’Aimer vraiment, est le pilier de l’ouverture de cœur.

J’apprends donc progressivement à me détacher de cette illusion en observant le monde réel qui se révèle à moi dans le moment présent. Je me contente d’observer sans juger, sans déformer, sans anticiper. Mon mental n’invente rien, il ne peut que déformer ce qu’il a déjà stocké dans sa mémoire. Il déforme le connu. D’où l’importance que j’apprenne à discerner l’illusion de la réalité. Car ma mémoire a enregistré des informations qui ne reflètent pas La réalité, mais Ma réalité. Cette réalité est empreinte d’émotions qui déforment ce que je perçois.

✣ Jours 2 - L'Acceptation

Dans notre vie, beaucoup d’évènements plus ou moins heureux vont survenir. Certains créent de véritables chocs psychologiques ou émotionnels, comme la mort d’un être cher. Nous avons une tendance naturelle à les repousser, à les nier, à les refouler dans l’inconscient, à nous révolter. Ces phases émotionnelles de deuil (chagrin, révolte, colère, désir de vengeance, etc…) doivent être des transitions les plus courtes possibles par rapport à la juste acceptation nécessaire.

Plus tôt l’acceptation aura lieu, plus tôt les souffrances cesseront. Ce qui est fait est fait, ce qui est arrivé est arrivé. Le nier, pleurer, se lamenter, souffrir, refouler, tout cela ne changera rien à ce qui s’est passé. Accepter instantanément l’évènement, dans l’instant présent, est la seule façon saine de vivre l’évènement.

Il s’agit pour moi d’observer le plus objectivement possible les faits, sans les juger, en me détachant le plus rapidement des émotions qui sont nées de l’évènement. Cependant, j’accueille ces émotions car elles ne sont pas là par hasard. Elles font partie intégrante de mon expérience dans cet espace-temps, elles sont utiles à mon éveil. Les ressentir est donc enrichissant pour moi. Mais m’y attacher est dangereux. Toute la difficulté est là. Ressentir, accepter, se détacher.

✣ Jours 3 - La déculpabilisation

La culpabilité est un mal qui me ronge de l’intérieur, elle crée en moi découragement, désespoir et dévalorisation. La culpabilité détruit mon pouvoir divin de création. Elle détruit tout effort de valorisation et de confiance en moi. Les mondes que je créé par ma culpabilité sont emplis des démons de ma peur qui m’entraînent vers la mort. Pas la mort physique, mais la mort de l’âme qui ne peut plus agir et se trouve paralysée. Il n’y a pas de péché et pas plus que de sainteté pour les hommes. Juste des expériences qu’il faut que je vive et ressente pour évoluer.

« Je suis venu enlever le péché du monde » dit l’Agneau de Dieu. Jésus exprime la miséricorde Divine. Ceci signifie que dans la réalité, je ne pêche pas mais j’expérimente. L’énergie répond par des conséquences directement liées à mes actes, et c’est donc de cette façon que je dois discerner le chemin à emprunter pour m’éveiller. Introduire de la culpabilité dans ce processus est inutile et surtout dommageable. C’est inutile car je n’ai pas besoin d’elle pour corriger mes actes. C’est dommageable car cela me fait perdre mes forces et mon discernement. La culpabilité fait donc partie de la stratégie diabolique qui consiste à me maintenir en état d’esclavage. Je dois à tout prix retrouver ma Divinité en chassant la culpabilité de ma vie. Accepter mes actes, mes pensées, mes erreurs sans les juger, mais les corriger par mon discernement dès que je les conscientise.

✣ Jours 4 - L'Unité

Tout est en Tout. Et je suis un Tout en moi-même. Cela signifie que mes sens ne perçoivent que les reflets des miroirs de l’inconscient qui se projettent à l’infini de l’extérieur vers l’intérieur, et de l’intérieur vers l’extérieur. Ma conscience doit alors savoir discerner ce qui est illusion et ce qui est réalité. Me sentir séparé de tout ce qui m’entoure est donc un leurre, une illusion que mon mental essaye de concrétiser en matérialisant des mondes qui n’existent pas, mais auxquels il s’attache et cherche à s’identifier pour exister indépendamment du Tout. En faisant cela mon ego va à l’encontre des lois universelles. Il déstabilise ainsi mon équilibre énergétique ce qui provoque des situations et des évènements que je vais devoir vivre et ensuite conscientiser. Ce jeu de balancier fait partie de mon éveil. Je dois donc être assez vigilant –conscient- pour ne pas m’attacher à ce qui est illusion.

Car ce comportement est aussi la principale source de ma souffrance. En ce sens, ma souffrance est une alerte qui me permet de corriger ma trajectoire. Ce comportement tourné vers moi (égocentré) me maintient enfermé dans les affres de cette dimension terrestre, dans maya. A l’inverse, sortir de ce piège mental, se libérer du pouvoir de mon ego, est la clé du salut enseigné par tous les messagers de Dieu. Lorsque je me sens connecté et uni au Tout, j’ai soudain le sentiment d’être un maillon d’une puissance infinie. Certes, un maillon insignifiant, mais un maillon indispensable puisqu’il fait partie du Tout. Un maillon vivant au service de l’évolution du tout dans l’Unité du tout. A la fois rien et Tout.

✣ Jours 5 - L'égalité

J’imagine une prairie magnifique. Au milieu un gigantesque chêne de 500 ans. Splendide. Majestueux. Tout autour de l’arbre, de jeunes pousses, des roseaux, des plantes diverses, de l’herbe… Comment puis-je dire ce qui est le plus beau ? Comment puis-je dissocier ou séparer le brin d’herbe du chêne ? La comparaison est un besoin de mon ego. Un outil qu’il utilise pour définir les limites de son existence. Et c’est bien de limites dont on parle lorsqu’on parle de l’ego. La naissance et la mort du corps physique auquel j’ai pu m’assimiler marquent les bornes spatio-temporelles de mon existence, dans la conscience de l’ego. L’illusion que tout est séparé est un fantasme mental qui est la base de son pouvoir.

L’égalité va donc dans le sens contraire. Et c’est pour ça que mon ego lutte en moi. Pour garder le pouvoir. Il remplace l’intuition issue de mon être intérieur, par l’impulsion. La comparaison divise les hommes, les sépare de façon illusoire et irréaliste. Alors que l’égalité est une des composantes essentielles de l’Amour inconditionnel. L’égalité uni les hommes en rétablissant la vérité universelle que nous sommes tous égaux. En me sentant égal à l’autre et à toute chose, ni au-dessus, ni en dessous, je peux enfin éprouver ce qu’est la vraie compassion. Je me sens uni et relié au tout, interdépendant et interconnecté à tout ce qui vit. Je peux agir dans l’Amour libéré du pouvoir de l’ego.